Mot de passe oublié ?
UMF
Accueil / Espace constructeur / Actualités / Discours de clôture du Président Christian LOUIS-VICTOR du 31 Mars 2010
Actualité

Discours de clôture du Président Christian LOUIS-VICTOR du 31 Mars 2010 - 02 avril 2010

Discours de clôture du Président Christian LOUIS-VICTOR
lors de la Convention Nationale de l’Union des Maisons Françaises
«Le client au cœur, notre avenir en tête»
qui s’est tenue le Mercredi 31 mars 2010 au Pavillon d’Armenonville.
 
 
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Chers Partenaires Financiers et Industriels,
Chers Constructeurs et Adhérents de notre Union,
 
Nous sommes réunis ce soir pour fêter un anniversaire, celui de la promulgation d’une loi, celle du contrat de construction d’une maison individuelle dite loi de décembre 1990.
 
Mais nous sommes aussi réunis pour consacrer par cet acte juridique la maturité d’une profession devenue responsable, assumant pleinement ses choix et compétences.
 
Alors, nous n’allons pas broyer du noir, agiter le spectre de je ne sais quelle peur millénariste mais au contraire, baliser le chemin pour de nouveaux succès.
 
Commençons par l’état des lieux de notre secteur, alors que l’horizon de la croissance semble s’éclaircir.
 
Deux mots sur la relance : incontestablement le gouvernement à cet égard, a vu juste dans l’identification des problèmes et des soutiens à apporter.  Le diagnostic était bon et le remède efficace.
 
A partir du mois d’avril 2009, le niveau des ventes de maisons neuves a brutalement basculé vers le positif pour finir l’année 2009 sur 12 mois glissants à + 8 % par rapport à 2008, année, il est vrai, particulièrement négative.
 
Cette importante journée professionnelle est donc un point d’étape pour tirer les enseignements et redéfinir les priorités des plans d’action (s). Mais, il faut avant tout redimensionner la maison, sa construction, et ses acteurs aux places qui sont les leurs.
 
 
 
Dans le cadre de la relance, et de sa pérennité, la maison peut être mise au service d’une politique de ré-industrialisation.
 
S’il y a des difficultés à reconstituer localement un tissu d’entreprises en raison de mauvais choix faits dans le passé, il faut impérativement faire renaître un ADN industriel dans l’idée de nos compatriotes.
 
Dans ce cas, il faut qu’on le sache, la construction en général, et celle de la maison en particulier contribuent à la ré-industrialisation locale. Autant de chantiers, c’est autant d’entreprises dont on assure la stabilisation.
 
De plus en plus dans la vie quotidienne des Français, l’automobile est un moyen ; la maison est une finalité, car elle assure la sécurité patrimoniale, culturelle, physique de ses occupants.
 
C’est aussi, et toutes les études d’opinion relayées par Gérard Mermet le démontrent, un vaccin antistress. Tout en étant des fédérateurs de compétences, des incitateurs de progrès techniques, nous répondons au besoin et au désir de progrès et de confort.
 
 
A l’heure où certains se posent la question de savoir ce que c’est que d’être Français, notre tâche essentielle tous ensemble et de façon moins tonitruante, c’est de rendre par l’accession sociale à la propriété aux aspirants à la classe moyenne leur dignité par la propriété de leur toit.
 
C’est ce confort moral, ce sentiment de sécurité qui les rend plus forts, plus optimistes et mieux armés pour affronter leur avenir et celui de leurs enfants.
 
De ce fait, Monsieur le Ministre et par les effets accélérés de la crise financière internationale, d’un ministre chargé de satisfaire un besoin immédiat, se loger pour exister, vous êtes devenu plus que beaucoup d’autres de vos collègues du gouvernement, le ministre du patrimoine financier et économique de nos concitoyens, celui notamment des moins fortunés.
Celui qui va leur garantir en leur permettant d’y accéder le principal de leur actif, la propriété de leur logement, et en l’occurrence pour 60 % d’entre eux de leur maison.
 
Une récente étude du très sérieux Centre d’Etude et de Prospective de l’Epargne indique que la sécurisation de la retraite est passée de la 4ème motivation en 2001 à la première en 2008.
 
La reprise sensible de la construction de maisons centrée sur la primo accession soulève toutefois de sérieuses interrogations pour 2010 et au-delà.
 
Les ménages les moins aisés ont bénéficié d’un cumul d’aides estimé à
48 % du montant de l’accession.
 
Cette perfusion réelle, efficace et indispensable, compte tenu des circonstances est limitée dans le temps.
 
Leur arrêt brutal serait à nos yeux une erreur historique, car il aurait des conséquences dramatiques pour les ménages, les entreprises, et le tissu économique local qui le subiraient.
 
 
 
Monsieur le Ministre, le logement et l’accession à la propriété ne peuvent pas être un enjeu de société, et le symbole d’inégalités pour demain.
 
Le risque de voir ce sujet passer d’un traitement économique à un traitement politique et social est majeur et très préoccupant pour le futur équilibré de notre modèle de société.
 
Ce qui nous inquiète également fortement, c’est le contrecoup de l’arrêt brutal du pass-foncier par certains collecteurs du 1 %.
 
Des milliers de dossiers sont en souffrance, cela met en péril l’accession des ménages modestes à la propriété, mais également l’existence des entreprises qui ont cru dans ce mode de financement et qui ont porté ces dossiers, pour en moyenne entre 30 et 50 % de leur production annuelle.
 
Nous comptons donc, Monsieur le Ministre, sur votre clairvoyante autorité pour que les engagements pris par les différents acteurs soient respectés, et contribuent à la pérennité de la relance économique.
 
 
Par ailleurs, nous vous confirmons notre constructive et active participation à la redéfinition des outils du financement de l’accession pour 2011, et au-delà les instruments actuels arrivent pratiquement tous à échéance à la fin de cette année.
 
Active et saine participation, car chez nous, l’innovation est une tradition.
 
Il y a vingt ans, à l’initiative de l’UMF, appelée alors UNCMI et avec le concours actif d’un Ministre du Logement à l’écoute, Louis Besson, qui avait favorisé le parcours législatif et obtenu le vote à l’unanimité de la loi de 90, nous avons mis en place la garantie d’achèvement de la construction qui a constitué un immense progrès pour les consommateurs, pour le secteur et pour l’ensemble des acteurs.
 
Cette décision a d’ailleurs généré une nette reprise de la construction de maisons dans la confiance et le respect des équilibres financiers chez tous les acteurs à l’acte de construire. Vingt ans après, que dire ?
 
Alexandre Dumas, dans son ouvrage, vingt ans après, avait retrouvé ses mousquetaires dans la nostalgie, la mélancolie des temps téméraires et héroïques.
 
Notre profession, par sa vision positive du futur, s’est au contraire orientée vers les défis prometteurs du développement durable, dans la reconquête d’un environnement qualitatif, de la maîtrise de l’énergie.
 
La maison, sous toutes ses formes, en habitat groupé, en zone rurale ou en ville, est devenue le choix privilégié des Français, grâce aux efforts accomplis par les constructeurs, les bureaux d’études et l’ensemble de nos partenaires industriels et financiers.
 
Ces maisons sont le fruit de la réflexion des commissions sur le produit que nous avons mises en place et de la convergence des recherches de l’ensemble des acteurs du marché qui nous épaulent et nous accompagnent fidèlement.
 
 
C’est cela, le nouveau compagnonnage au service des Français : la puissance des services de recherche et développement des grands industriels jumelée à la connaissance des hommes et des territoires qu’ont acquis les constructeurs.
 
Les constructeurs détiennent cette connaissance aigüe des attentes des Français, car ils sont l’émanation des territoires. Ils savent en exprimer les volontés et les préoccupations. Il est essentiel de s’appuyer sur ce savoir pour affiner, à Paris, dans toutes les sphères dirigeantes, une véritable synergie des intelligences régionales.
 
Malheureusement, en France, trop souvent encore, un élitisme centralisateur mal compris, ancré dans des conceptions passéistes de la cité, ampute les cercles dirigeants de cette réflexion et de ce souci d’intelligence décentralisée.
On nous demande de construire des maisons de qualité.
Il y a vingt ans, nous avons pris cet engagement et l’avons tenu avant que beaucoup de secteurs industriels s’inquiètent réellement des souhaits des consommateurs.
 
On nous a demandé, récemment, d’être partie prenante dans le Grenelle. Nous avons relevé cette gageur en étant, je crois, des partenaires actifs et « constructifs ».
 
Le premier logement livré en BBC, c’est une maison en Alsace. Le premier logement livré en énergie positive, c’est une maison en Savoie qui, dans les deux cas, ont été réalisés par un constructeur de l’Union des Maisons Françaises.
 
Le constructeur est devenu aujourd’hui, concrètement, une sorte d’instituteur du développement durable dans les bourgs et les cantons de la République, responsabilisant les accédants à travers des gestes quotidiens.
 
Aussi, quand nous entendons, ça et là, la litanie des faux procès faits à la maison depuis des lustres, nous sentons-nous blessés, humiliés, bernés et voire méprisés… Ce n’est plus de l’incompréhension. C’est de l’acharnement.
 
 
Nous n’avons pas vocation, Monsieur le Ministre, à être les têtes de Turc des nostalgiques de l’ère de l’architecture « brutaliste », de ces « exemplaires » lieux de vie que sont devenus, m’a-t-on dit, Aulnay-sous-Bois ou les Minguettes…
 
L’amertume des urbanistes doctrinaires, des jongleurs de concepts, ne doit pas se transformer, à notre égard, et à l’égard des Français qui nous font confiance, en rancune perpétuelle.
 
Nous sommes des chefs d’entreprises responsables, respectables, à l’écoute des Français les plus modestes : les primo-accédants. Notre éthique est le produit de notre longue expérience à leur côté et notamment à celui des jeunes ménages.
 
Considérez-nous, Monsieur le Ministre, comme de bons soldats du développement économique de la France.
 
Continuez à aider ceux qui vous aident sans agitation, sans clinquant, sans tape-à-l’œil.
Mais, pour être franc, je vois poindre quelques écueils.
 
Dans le Grenelle, nous avons accepté des conditions du plan bâtiment auxquelles nous sommes attachés. Pour qu’elles s’appliquent équitablement, nous souhaiterions un traitement équilibré des filières énergétiques proposées aux ménages et aux constructeurs, en somme un panel de solutions assez large pour atteindre la performance exigée.
 
De notre côté, nous accomplissons, avec les partenaires industriels de nos commissions produits nationales, un effort patient de recherche et de développement consacré par notre congrès de Copenhague en décembre 2009.
 
La réglementation devrait aussi permettre les évolutions les plus variées, qu’il s’agisse de la qualité du bâti ou de la qualité des équipements.
 
L’autre condition du succès du plan bâtiment Grenelle, c’est d’obtenir un coût de production des maisons acceptable par tous les ménages.
 
Les ménages les plus modestes ne peuvent pas être les laissés-pour-compte du Grenelle.
 
Cette injustice en ruinerait le sens même.
 
Tous les calculs que nous avons faits avec les constructeurs et leurs bureaux d’étude thermiques aboutissent, hélas !, au même résultat.
 
Pour les maisons les plus petites des primo-accédants, le surcoût peut aller jusqu’à  22 %. C’est un seuil infranchissable pour certains.
 
Deux solutions pourraient être combinées pour éviter cette impasse : d’une part, faire en sorte que les solutions techniques proposées soient d’un coût acceptable, d’autre part, améliorer la qualité des aides pour rendre ces surcoûts tolérables.
 
Enfin, tout l’enjeu du Grenelle – auquel les constructeurs ont apporté leur pierre, je peux en témoigner – réside dans la qualité des contrôles des constructions.
 
Grâce à la loi de 90, à la marque NF-Maison Individuelle, à des démarches pédagogiques autour de la qualité, nous avons fait en sorte que le mot de « constructeur » soit associé à l’adjectif « responsable ».
 
Ces certifications de la démarche qualité, ces contrôles par des acteurs compétents et indépendants sont actuellement combattus par une arrière-garde frileuse.
 
Si cette frilosité l’emportait, par malheur, ce serait une catastrophe pour l’ensemble de la profession. Toute la crédibilité acquise en vingt ans serait du même coup effacée.
 
Nous n’osons imaginer un tel scénario qui rendrait inopérant le plan bâtiment du Grenelle. Ne sortons pas du cercle vertueux que celui-ci a établi.
 
Le retour à la prospérité durable, dans notre pays, passe aussi par la qualité de l’habitat, par le respect d’exigences élevées et compatibles financièrement, pas par la facilité ou des discours démagogiques.
 
Cet habitat adapté aux exigences énergétiques et environnementales du XXIème siècle est un moyen de faire venir, dans les régions, dans nos villes, dans les grandes agglomérations régionales, de nouvelles forces vives.
 
Les règles n’ont pas changé depuis le saint-simonisme : il faut des moyens de communication, de déplacement, efficaces et un habitat attractif.
 
C’est ainsi qu’on irriguera durablement le tissu économique sur l’ensemble du pays. L’aménagement du territoire doit être une promesse de bien-être et de mieux vivre. Et nous y contribuons.
 
Il faut imaginer, au moment où le principal enjeu pour notre économie est la création de richesses et d’emplois, une trame qui soit à l’échelle de l’homme.
 
A cet égard, il conviendrait de tordre le cou aux présupposés les plus erronés comme le mythe de la maison dévoreuse d’espace. C’est une pure imbécillité.
 
Si le sort de l’agriculture française dépendait d’un arrêt de la construction de maisons individuelles en France, cela se saurait.
 
Jamais a-t-on entendu une organisation agricole lâcher une telle énormité. Au contraire, la création de maisons groupées, de zones d’habitat dans les bourgs anciens est un gage de renouveau, de rajeunissement et de revitalisation.
 
Tous les ruraux en profitent. Les élus de terrain le savent.
 
Cessons cette chasse aux sorcières dont nous sommes les victimes désignées, parfois par les plus hautes instances, et cette hystérie de recherche du bouc émissaire bien française.
 
N’enfermons pas l’évolution de la vie des Français, de leur habitat, dans des a priori paralysants au nom d’utopies intolérantes et exclusives ! Jamais la verticalité, la course à la hauteur à tous crins, n’a répondu à leur attente !
 
Les Français veulent vivre chez eux à côté des autres et non les uns au-dessus des autres.
 
 
 
Si nous voulons tirer un bilan de l’activité des constructeurs depuis vingt ans, soyons équitables ! Qu’avons-nous fait en vingt ans, mes chers amis, en devançant toujours les exigences d’une société de plus en plus vigilante ?
 
  • D’abord, nous avons mis en œuvre, avec le concours de nos partenaires industriels, dans les challenges que nous avons organisés, la maison BBC, qui respecte la réglementation climatique et permet de substantielles économies d’énergie ; nous avons aussi favorisé l’éclosion du marché du solaire et des pompes à chaleur.
 
  • Nous avons contribué à revitaliser le tissu rural, le réseau des bourgs, des villages et favorisé l’enracinement d’un artisanat, de PME/PMI créatrices d’emplois chers à notre ami Hervé Novelli ; en somme, nous avons donné leur chance aux métiers et aux compétences des plus jeunes de nos compatriotes.
 
 
 
 
  • Enfin, n’oublions pas toute l’économie induite par l’esprit de la maison et le mode de vie qu’il suggère : les jardineries, les magasins de bricolage, tout ce qui est lié à la fête entre amis dès que les beaux jours arrivent. Ce qui est en jeu, c’est le nouvel art de vivre qui sollicite les talents de toute la famille.
 
Plus de quatre Français sur cinq se passionnent pour le bricolage. Cette activité est partagée à parité entre les hommes et les femmes. Le jardinage est aussi une activité de loisirs de plus en plus pratiquée. Les Français ont dépensé plus de 6 milliards d’euros pour le jardinage en 2008.
 
Ainsi, la maison redevient ce qu’elle était autrefois, avant que la construction des « Métropolis » devienne une manifestation du totalitarisme : le ferment de pratiques communautaires, d’échanges culturels et simplement humains…. d’une France apaisée.
 
 
Un seul chiffre prouve le bien fondé de notre démarche, depuis vingt ans.
57 % des Français vivent aujourd’hui dans une maison.
 
Plus les problèmes qui nous sont posés paraissent compliqués, délicats à démêler, plus la solution doit relever de l’action politique ferme et constante.
 
Grâce à la pertinence technique qu’elle a acquise, notre UNION a su devenir un acteur influent de la politique du Logement.
 
Elle a su se faire écouter et respecter. Elle est aujourd’hui consultée sur les questions essentielles de l’habitat et je tiens, publiquement à cet effet, Monsieur le Ministre, à vous remercier pour la qualité de votre écoute depuis votre prise de fonction.
 
C’est par ce travail en profondeur que l’Union des Maisons Françaises peut défricher les pistes les plus sages pour l’accession à la propriété.
 
 
Nous récusons le repli sur soi, la vision étriquée, stérilisante, de la défense des intérêts catégoriels d’une profession ; à l’inverse, nous défendons les valeurs d’un métier garant du bien-être des Français et de leur sérénité.
 
Un authentique humanisme a inspiré notre action, au cours de ces vingt années écoulées, et c’est la raison pour laquelle nous voyons tant de jeunes chefs d’entreprises, dans la trentaine, se joindre à nous.
 
Ils sont là, parmi nous, partageant nos ambitions, ne se décourageant jamais et travaillant, pour le bien de la collectivité.
 
Je n’hésite pas à le dire, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, il ne faut pas casser ce mécanisme de l’invention, de l’innovation, de la création d’emplois partout en France.
 
Au contraire, continuons de faire de notre métier, d’année en année, une école d’excellence.
 
 
 
La pensée qui nous anime est simple : faire barrage aux certitudes des dogmatiques, des passéistes, des vaincus d’avance, des besogneux, et promouvoir les convictions des entrepreneurs, des artisans de l’avenir de notre pays.
 
Pour conclure, permettez-moi de citer Jacques Copeau dont le fils Pascal fut la cheville ouvrière de la résistance intérieure française.
 
Il avait parfaitement résumé cette détermination qui nous a permis de mener tant de combats contre les idées reçues : je le cite « Par bonheur, nous avons atteint l’âge d’homme sans désespérer de rien. A des réalités détestées, nous opposons un désir, une aspiration, une volonté ».
 
Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, Chers Adhérents, l’âge d’homme, voila ce que nous avons atteint collectivement et professionnellement, sans jamais nous trahir et sans jamais manquer à nos engagements.
Je vous remercie,
Christian LOUIS-VICTOR